Historique

Petit historique du Moulin Clotuche

Le long de l’Ourthe orientale, sur le territoire de la Commune de Gouvy, on répertorie 7 moulins : celui d’Ourthe, de Gouvy, de Cherapont, du trou, Magotiaux, de Rettigny et celui de Bistain. La minoterie de village est une activité qui s’est éteinte avec l’arrivée des meuneries industrielles et des boulangeries. Auparavant, chacun cultivait son froment qu’il allait faire moudre au moulin et puis s’en revenait pétrir sa pâte chez lui.

Il semblerait que l’emplacement actuel du Moulin de Gouvy soit l’un des plus anciens de la vallée, mais aucune étude approfondie n’a encore été réalisée à ce sujet.

Le moulin a été acheté en 1898, à la famille Nicolay par Louis Joseph Clotuche. Malheureusement celui-ci décéda fort peu de temps après et ce furent ses quatre enfants alors âgés de 24 à 16 ans qui vinrent s’y installer. Après le mariage des cadets et leur départ, seul l’aîné, surnommé « Le grand Louis » resta donc sur le moulin et y fonda sa famille.

Ses activités ne se limitant pas à moudre le froment des gens du village, il était fermier, faisait le commerce de bétail et particulièrement des chevaux de trait ardennais, réputés pour leur qualité de travailleur et leur force.

Le moulin de Gouvy se compose de trois bâtiments :

  • Le moulin abritant la partie mécanique sur quatre niveaux et permettant les opérations de meunerie par gravité, ainsi que le logis du meunier et de sa famille. Couvrant l’ensemble du bâtiment, le grenier accueille en vrac le froment, l’avoine, l’épeautre. Ces denrées étaient acheminées jusque là en sac de jute, par un système de trappes et par un treuil actionné au départ du grenier.
  • Deux dépendances comportant granges, étables, écurie, porcherie et poulailler. Les constructions sont en schiste venu tout droit de la petite carrière du Cherte, sur le versant opposé de la vallée.

La façade du moulin a été recouverte d’un enduit afin de masquer la suie qui s’était collée aux moellons suite à l’incendie de 1910. Auparavant, la grande étable avait déjà été la proie des flammes.

 

Le moulin produisait l’électricité grâce à une seconde roue actionnant une dynamo. Par un long détour, un bief de plusieurs centaines de mètres alimentait le moulin. Tributaire du bon vouloir de la scierie située en amont, alimentée elle aussi par la réserve d’eau, et l’entretien du bief coûtant trop cher, le moulin a été modernisé l’hiver 1954/55 et transformé pour pouvoir fonctionner à l’électricité.

Le moulin disposait de 2 systèmes de mouture :

  • la meule pour la farine blanche avec la bluterie qui pouvait produire 3 catégories de farine : la fleur, la qualité dite normale et le remoulage (avec du son). Ce système a été démonté en 1953 ;
  • la meule pour la farine animale qui s’est arrêtée de tourner au milieu de l’année 1995, quelques mois avant le décès du dernier meunier, Pierre Clotuche.

Les roues ont malheureusement été démontées, une partie du bief comblé et les superbes pierres de schistes appelées « pierres bleues » ont été relevées et soutiennent actuellement l’imposant talus créé par le dénivelé du terrain.

A l’heure actuelle, si de telles installations avaient été préservées, cela eût été tout bénéfice pour l’environnement. Sachant qu’à l’époque les moyens de transport étaient tout aussi « naturels », nous vous conseillons de pratiquer assidûment le vélo, le cheval et la marche… dans notre belle contrée.